NF EN 15635 §9.1 - Procédures de management de la sécurité

NF EN 15635 §9.1 - Procédures de management de la sécurité

NF EN 15635 §9.1 - Procédures de management de la sécurité

En bref

Les procédures de management de la sécurité en vertu de la NF EN 15635 sont un cadre d'organisation continu qui doit couvrir cinq piliers obligatoires : l'utilisation conforme du rayonnage, la désignation d'un responsable dédié, les inspections régulières, la maintenance planifiée et la limitation des dommages. Pour un responsable d'entrepôt ou HSE, ces procédures transforment la conformité normative en système opérationnel vivant, déterminant la traçabilité des contrôles, les responsabilités précises et l'anticipation des risques.

Les points essentiels :

  • Cinq piliers obligatoires structurant la procédure d'ensemble
  • Nomination d'un PRSES (responsable de la sécurité en exploitation)
  • Inspections hebdomadaires et audit expert annuel
  • Classification VERT/ORANGE/ROUGE des dommages
  • Traçabilité documentée de chaque intervention

Les 5 piliers de la procédure de management

Une procédure de management doit exister et couvrir au minimum cinq dimensions fondamentales selon la NF EN 15635 §9.1. Chacune de ces dimensions répond à une logique d'enjeu : réduire les coûts cachés des défaillances, éviter l'arrêt imprévu du système, assurer la traçabilité auprès des inspecteurs du travail et des assureurs. Dès lors, ces piliers ne sont pas administratifs ; ce sont des leviers de sécurité opérationnelle.

Le premier pilier concerne l'utilisation conforme du système selon sa spécification. Cela signifie que les chariots élévateurs doivent respecter les paramètres de calcul d'origine (rayon de braquage, dimensions de charge, poids maximal par alvéole). En pratique, changer de chariot sans validation du fournisseur annule la certitude du dimensionnement. C'est un piège courant : un entrepôt économise sur le matériel de manutention et découvre trop tard que les dommages se multiplient.

Le deuxième pilier est la désignation d'un responsable de la sécurité en exploitation des systèmes (PRSES). Cette personne endosse la responsabilité de l'organisation complète : elle doit être formée, avoir autorité pour décider des arrêts de zones, et disposer de ressources. Sans PRSES identifié, aucune traçabilité ne tient face à l'inspection du travail.

Les trois piliers suivants - inspections, maintenance et limitation des dommages - constituent le cœur opérationnel du système Contrôle → Evaluation → Action qui est au cœur de la section 9 de la norme.

« Un dommage non détecté en deux semaines peut entraîner l'effondrement du rayonnage en quelques jours. »

Utiliser le système selon sa spécification

Utiliser le rayonnage selon sa spécification signifie respecter les paramètres d'exploitation figurant dans les documents de charge et les notices de montage fournis par le fabricant. Cette conformité repose sur l'analyse du périmètre technique : dimensions des unités de charge, hauteur de levage, géométrie des alvéoles, capacité portante par niveau. D'autre part, l'environnement physique compte : un sol instable, une humidité excessive ou un manque d'entretien des fondations altère la capacité portante affichée.

Selon la NF EN 15635 §9.2, l'utilisateur doit confirmer que l'environnement est conforme à la spécification - sec, propre, intérieur ou extérieur protégé selon le calcul initial. Tout déchet autour de l'installation doit être enlevé immédiatement, car il crée des obstacles pour les chariots et accroît le risque de collision. De plus, l'accessoire de constitution de charge (embaucheur, plateau, etc.) doit être conforme et en bon état ; une palette endommagée ou une largeur d'unité de charge dépassante génère des impacts latéraux imprévisibles.

Un exemple courant d'absence de conformité : un entrepôt monte des palettes non-EUR de 1,2 m de largeur sur des rayonnages calculés pour 1,0 m. Les jeux de manœuvre disparaissent, les chocs contre les montants se multiplient. En quatre mois, les montants présentent des dommages en cascade et la capacité portante effective chute de 20 à 30 %.

« Les jeux de manœuvre insuffisants multiplient par trois le risque de collision. »

Le chariot utilisé revêt une importance capitale. Autrement dit, un changement de véhicule de manutention nécessite une validation du fournisseur pour confirmer que le rayon de braquage reste compatible avec la largeur d'allée et que les charges dynamiques ne dépassent pas la limite de calcul. Enfin, l'ordre et la propreté dans la zone de travail préviennent les accidents connexes (trébucher, s'accrocher) et minimisent les dommages au matériel.

Désigner, inspecter, maintenir, limiter

La procédure de management doit articler quatre responsabilités concrètes : désigner un PRSES, inspecter régulièrement, maintenir les composants, et limiter les dommages par une escalade claire.

Le PRSES est la personne clé. Elle reçoit l'information immédiate de tout problème détecté par quiconque dans l'entrepôt (un cariste, un préparateur de commandes, un agent de maintenance). La NF EN 15635 §9.4.2.1 précise : dès qu'un problème de sécurité ou un dommage est constaté, le PRSES doit être informé immédiatement. Cette obligation de signalement rapide prévient l'oubli et force la traçabilité. En pratique, disposer d'une procédure claire (par exemple, un bouton d'appel dans le système de gestion d'entrepôt ou un formulaire papier accompagné d'une étiquette) réduit le délai de 2-3 jours à quelques heures.

Les inspections, elles, se déploient sur plusieurs niveaux. Premièrement, des contrôles visuels hebdomadaires (ou à d'autres intervalles réguliers selon l'analyse de risques) doivent être assurés par le PRSES. Chaque inspection donne lieu à un rapport écrit formel conservé - c'est la pièce maîtresse de la traçabilité. Deuxièmement, une inspection d'expert doit intervenir à intervalles n'excédant pas 12 mois, réalisée par une personne techniquement compétente. Cet expert produit un rapport écrit détaillant ses observations et propositions d'actions, renvoyé au PRSES.

La maintenance s'inscrit dans cette logique d'anticipation. Plutôt que d'attendre une défaillance, une maintenance planifiée des verrous d'attache de lisse, des plaques de base et des contreventements réduit les surprises. La NF EN 15635 §9.4.7 recommande : conserver un stock de verrous d'attache de lisse dans l'établissement pour remplacement immédiat en cas de détection.

« Une inspection expert annuelle coûte entre 500 et 1 500 € ; une réparation d'urgence sur deux semaines en coûte dix fois plus. »

Limiter les dommages signifie enfin : dès qu'un dommage est identifié, l'escalader selon la classification VERT / ORANGE / ROUGE. Un dommage en zone ORANGE qui reste non réparé pendant quatre semaines bascule en ROUGE et exige le déchargement immédiat. Cette règle prévient l'accumulation de petits dommages devenant critiques.

Formaliser la procédure

Formaliser la procédure signifie traduire les cinq piliers en documents d'exploitation : organigramme de responsabilités, calendrier d'inspections, grille de mesure des dommages, et protocole d'escalade.

L'organigramme identifie le PRSES par nom et fonction, ses suppléants, et les escaliers de décision. Exemple simplifié : si le PRSES détecte un dommage ROUGE, il informe le chef de site ; si la réparation excède 2 jours, le directeur logistique est averti. Cette clarté réduit les tergiversations et les oublis.

Le calendrier prévoit les inspections visuelles (hebdomadaires ou bimensuelles selon la charge) et l'audit expert annuel. Un outil simple : un tableau avec dates, inspecteuram, zone inspectée, observations. Le même document sert de preuve auprès de l'inspection du travail et des assureurs.

La grille de mesure transpose les seuils de la NF EN 15635 §9.5 en langage opérationnel. Par exemple :

  • VERT : montant endommagé avec écart règle/montant ≤ 5 mm ; surveillance continue, aucune réparation urgente.
  • ORANGE : écart entre 5 et 10 mm ; commander les pièces de rechange, prévoir déchargement progressif, réparer sous 4 semaines.
  • ROUGE : écart > 10 mm ou déformation permanente des lisses > 20 % de la flèche sous charge ; décharger immédiatement, barriérer la zone, remplacer sans délai.

Ces seuils ne sont pas arbitraires : ils reflètent le facteur de sécurité résiduel après dommage. Un montant fléchi de 10 mm a perdu environ 40 % de sa capacité portante initiale ; au-delà, le risque d'effondrement dans les jours suivants augmente exponentiellement.

« Ce que dit la norme »

« Un processus de contrôle (management) doit exister, couvrant au minimum : a) utiliser le système de stockage selon sa spécification ; b) désigner un responsable de la sécurité (PRSES) ; c) réaliser des inspections ; d) réaliser la maintenance ; e) limiter les dommages. » (NF EN 15635 §9.1)

Le protocole d'escalade suit le diagramme de la norme (§9.7.3) :

  1. Dommage détecté → évaluation immédiate par le PRSES selon VERT / ORANGE / ROUGE.
  2. Voie VERT → protocoler l'étendue dans le rapport d'inspection, réexaminer dans les 12 mois, maintenir en service.
  3. Voie ORANGE → identifier pièces à réparer, commander rechange, étiqueter la zone « Ne pas recharger avant réparation » (avec date), réparer sous 4 semaines ou escalader en ROUGE.
  4. Voie ROUGE → décharger immédiatement, barriérer la zone, demander avis du fournisseur pour remplacement, remettre en service une fois réparation validée.

La clé : formaliser ce protocole par écrit et le tester sur un cas réel. Trop d'entreprises découvrent au moment de l'inspection que personne ne connaît exactement qui décide et quand. Une procédure écrite sur deux pages, affichée en salle d'équipe et revisitée annuellement, transforme la conformité en réflexe.

Documenter et tracer pour justifier

Au-delà de la procédure elle-même, la traçabilité des actes justifie la conformité auprès de trois audiences : l'inspection du travail (demande d'audits inopinés), l'assureur (ajustement des primes et couverture sinistre), et la responsabilité civile en cas d'accident.

Chaque inspection visuelle doit laisser un rapport écrit. Modèle minimal : date, inspecteur, zone inspectée, observations (exemple : « montant F4-12 éraflure superficielle, pas de déformation, VERT »), signature. Ces rapports s'accumulent et forment la chronique de la sécurité du site.

Les rapports d'inspections experts annuels sont des documents de référence. Ils doivent contenir : date, expert (nom, qualification), étendue inspectée (par exemple « 30 % des travées hauteur >4 m »), observations détaillées, classification de chaque dommage majeur, et recommandations. L'expert signe et date ; ce document est conservé 5 ans minimum.

En cas de dommage en zone ORANGE ou ROUGE, l'étiquette datée apposée sur le rayonnage et la photo de la zone endommagée forment la preuve de la détection et de l'escalade. Si la réparation s'étire, la date initiale sur l'étiquette crée l'obligation de re-classification en ROUGE après 4 semaines.

La NF EN 15635 impose cette rigueur pour une raison : les dommages à l'ossature d'un rayonnage réduisent la capacité portante de façon discontinue et imprévisible. Un montant légèrement fissuré tient 2 jours sous charge normale ; sous charge accidentelle, il s'effondre en quelques heures. La traçabilité des inspections permet de relier chaque dommage connu à la décision prise et de justifier que tout a été fait pour prévenir l'accident.

Questions fréquentes sur les procédures de sécurité EN 15635

Qui doit être désigné PRSES et quelles sont ses compétences ?

Le PRSES (responsable de la sécurité en exploitation des systèmes) doit être une personne de l'entreprise ayant autorité pour arrêter une zone ou ordonner un déchargement. Il n'existe pas de certification spécifique, mais il doit comprendre la norme, connaître le dimensionnement du rayonnage et maîtriser la classification VERT/ORANGE/ROUGE. En pratique, c'est souvent le responsable de l'entrepôt ou un technicien HSE senior. Une formation annuelle sur les nouveaux dommages et les leçons apprises renforce la compétence.

Quelle est la fréquence minimale des inspections visuelles ?

La NF EN 15635 §9.4.2.2 prescrit des inspections hebdomadaires ou à d'autres intervalles réguliers fondés sur l'analyse de risques. En entrepôt de forte rotation (plus de 50 préparations par jour), une fréquence hebdomadaire est standard. En entrepôt léger (moins de 10 préparations par jour), une inspection bimensuelle peut suffire, sous condition d'une analyse de risques documentée. Chaque inspection doit laisser un rapport écrit.

Que signifie « limiter les dommages » en pratique ?

Limiter les dommages signifie deux choses. Premièrement, identifier immédiatement tout dommage nouveau (signalement obligatoire au PRSES dès le constat). Deuxièmement, escalader rapidement selon VERT/ORANGE/ROUGE et engager la réparation sous le délai approprié. Un dommage ORANGE qui stagne 6 semaines sans réparation cause des dommages secondaires (charges qui migrent vers d'autres alvéoles) et multiplie les risques. Limiter, c'est donc ne pas laisser traîner.

Quels documents faut-il conserver après réparation ?

Conserver au minimum : le rapport d'inspection initial (date, classification), l'étiquette apposée sur le rayonnage (datée, avec classification), la commande de pièces de rechange, le rapport de réparation (date, qui a réparé, pièces remplacées), et la date de remise en service. Ces documents constituent la preuve de conformité en cas de contrôle réglementaire. Archiver 5 ans minimum.

Peut-on confier les inspections à un sous-traitant ?

Les inspections visuelles hebdomadaires peuvent être réalisées par un technicien interne ou un prestataire de maintenance en contrat, tant que cette personne comprend les seuils VERT/ORANGE/ROUGE et est habilitée à décider de l'arrêt d'une zone. L'inspection expert annuelle (au-delà de 12 mois) doit être réalisée par une personne techniquement compétente - un ingénieur ou un consultant spécialisé dans les rayonnages. Le rapport d'inspection expert doit être signé et communiqué au PRSES.

Comment gérer les dommages si le fournisseur d'origine n'existe plus ?

Si le fabricant initial d'un rayonnage a fermé ou cessé ses activités, la réparation est assurée soit par un fournisseur agréé ayant accès au plan de conception (très rare), soit par remplacement de la section endommagée par un équivalent structurellement compatible. La NF EN 15635 §9.7.1 déconseille les réparations « maison » (soudures locales) car elles offrent aucune garantie de qualité. Le remplacement est la voie préférée. Consulter un expert peut justifier le coût supplémentaire.

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Un audit de conformité inclut : vérification de la nomination du PRSES, examen des rapports d'inspection (3 derniers mois), évaluation de la grille de classification VERT/ORANGE/ROUGE, et vérification de la traçabilité des dommages et réparations. Suite à cet audit, vous recevez un rapport détaillé avec recommandations prioritaires et un devis pour mise en conformité ou audit expert annuel.

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NB: Les informations sur ce site sont données à titre informatif sans garantie d'exactitude. Cet article peut comporter des erreurs, omissions et des informations qui ne sont pas à jour. Vous devez donc obligatoirement vous procurer un exemplaire complet et à jour de la norme en vigueur de l'AFNOR pour vous assurer que vous remplissez l'ensemble des obligations de la norme et assurer la sécurité dans votre entrepôt en accord avec la réglementation en vigueur.

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